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Ce qu'on aurait aimé savoir avant notre premier cycle de FIV

Dan

Si on pouvait remonter le temps et s’asseoir avec nous-mêmes, juste avant de commencer la FIV, voici ce qu’on se dirait.

Faites vos recherches - vraiment

On est entrés dans notre première clinique en faisant confiance au médecin pour tout gérer. En pensant que le protocole serait adapté à notre cas. Que si quelque chose n’allait pas, ils chercheraient pourquoi.

Rien de tout cela ne s’est produit.

On a appris à nos dépens que toutes les cliniques ne se valent pas, que tous les médecins n’adoptent pas la même approche, et - surtout - la qualité du laboratoire d’embryologie compte plus que presque tout le reste. On en parlera davantage dans un article dédié, mais si vous ne retenez qu’une seule chose de cet article : renseignez-vous sur le laboratoire, pas seulement sur le médecin.

Faites des examens approfondis avant de commencer

Notre première clinique a effectué le panel standard d’analyses et est passée directement au traitement. Ce n’est qu’à notre quatrième cycle, dans une autre clinique, qu’un andrologue a prescrit un ensemble d’analyses plus complet - dont un test de fragmentation de l’ADN spermatique.

Ce seul examen a révélé la cause profonde de nos échecs. J’avais une fragmentation de l’ADN élevée - environ 30 %. Un simple médicament l’a fait descendre à 4 %.

Deux cycles entiers - des mois d’injections, d’hormones, de dévastation émotionnelle et des milliers d’euros - auraient pu être évités si cet examen avait été fait dès le départ.

Renseignez-vous sur : la fragmentation de l’ADN spermatique, les études de compatibilité génétique, un bilan hormonal complet pour les deux partenaires, et tout examen que votre médecin ne suggère pas. S’il résiste à prescrire plus de diagnostics, c’est un signal d’alarme.

Les deux partenaires doivent être dans la salle

À notre première clinique, je n’ai jamais été autorisé à entrer dans le bureau du médecin. Chaque conversation avait lieu exclusivement avec ma femme. Oui, ça a commencé pendant les restrictions COVID - mais ça a continué bien après la levée de ces restrictions.

La FIV n’est pas quelque chose qu’une seule personne traverse. C’est un parcours de couple. Les deux partenaires méritent d’entendre l’évaluation du médecin directement, de poser leurs propres questions et de participer à chaque décision. Si une clinique ne fait pas de place pour ça, réfléchissez bien à savoir si c’est la bonne clinique pour vous.

Comprenez que la FIV est un jeu de chiffres - mais n’acceptez pas ça comme excuse

Notre premier médecin a commencé par quelque chose du genre : « Il y a de grandes chances que ça ne fonctionne pas. »

On comprend la nécessité de gérer les attentes. Mais il y a une différence entre l’honnêteté et le défaitisme. Un bon médecin vous prépare à la réalité de la FIV tout en se battant pour le meilleur résultat possible. Un médecin désengagé utilise les statistiques comme un bouclier pour éviter toute responsabilité.

Quand notre premier cycle a échoué - 11 embryons fécondés au jour un, zéro survivants au jour cinq - la réponse a été en gros : « Ça arrive parfois. » Pas d’investigation. Pas de changement de protocole. Le deuxième cycle s’est déroulé de manière identique et, sans surprise, a produit le même résultat.

Attendez de votre médecin qu’il soit curieux face à l’échec, pas qu’il s’y résigne.

Pensez à long terme dès le départ

On aurait aimé aborder la FIV avec un horizon plus long dès le début. Pas de manière pessimiste - mais de manière réaliste. Avoir un plan B et un plan C ne signifie pas qu’on s’attend à échouer. Ça signifie qu’on protège sa santé mentale et son couple.

Réfléchissez au nombre de cycles que vous êtes prêts à faire. Pensez à la planification financière sur plusieurs tentatives. Pensez aux alternatives qui existent si la FIV ne fonctionne pas - don d’ovocytes, don de sperme, gestation pour autrui, adoption, ou choisir un chemin complètement différent.

La vie ne s’arrête pas si la FIV ne fonctionne pas. Le plus important est que les deux partenaires restent en bonne santé, restent connectés et ne laissent pas ce processus les définir. C’est un chapitre, pas toute l’histoire.

Ne négligez pas la préparation émotionnelle

On était tellement concentrés sur le côté médical - protocoles, médicaments, timing - qu’on a sous-estimé le coût psychologique. L’anxiété avant chaque cycle. La déception écrasante après chaque échec. La façon dont ça s’infiltre lentement dans chaque aspect de votre vie.

Si on pouvait recommencer, on chercherait du soutien dès le tout début. Un thérapeute spécialisé en fertilité. Une conversation honnête entre partenaires sur la façon de gérer les jours difficiles. Un engagement à protéger la relation en même temps que le processus.

On écrira davantage sur le côté émotionnel de la FIV dans un article séparé. Pour l’instant, sachez simplement : c’est plus difficile que ce que quiconque vous dit, et il n’y a aucune faiblesse à demander de l’aide.


Ceci est le deuxième article d’une série sur notre parcours de FIV. On partage ce qu’on a appris au fil de 6 cycles, trois cliniques et cinq ans - non pas comme un avis médical, mais comme le récit honnête qu’on aurait aimé avoir quand on a commencé.

Dan